• Indécision

    Elle ne marchait pas, elle rampait. Elle se traînait par terre, le regardant d'un air suppliant.

    Roméo était le genre de garçon qui n'aimait pas les filles. Mais vraiment pas.

    Il la regardait sans aucune pitié. Elle le regardait les yeux baignés de larmes. Elle n'avait rien mangée depuis trois jours. Il l'avait déjà pas mal fait souffrir à coups de ciseaux et de cutter. Il ne lui manquait qu'un coup. Un coup bien placé pourrait la tuer. Un coup dans son dos ou dans sa nuque suffirait à arrêter son cœur de battre. Mais le regard larmoyant de sa victime l'empêcha de frapper. Elle s'était toujours laissée faire, elle s'était toujours montrée docile et digne. Elle n'avait jamais crié, elle ne l'avait jamais supplié d'arrêter. Mais là, elle pleurait. Elle pleurait vraiment.

    Le cœur de Roméo se serra. Il n'aimait pas les filles et en avait vu pleurer alors qu'il allait leur ôter la vie. Mais elle, elle avait le besoin de vivre qui palpitait au fond des yeux. Il ne l'aimait pas, elle lui inspirait autant de dégoût que les autres mais elle lui inspirait aussi de la pitié, de la tristesse.

    Enervé et en colère contre elle qui lui procurait autant de sentiments contradictoires, il la giffla si fort qu'elle perdit connaissance. Il la transporta dans sa chambre et l'allongea dans le lit. Il s'allogea face a elle et essuya les larmes qui coulaient de ses yeux fermés. C'est comme ça qu'il procédait avec les cadavres, mais avec une vivante, c'était la première fois. A bien y réfléchir, celle-là ne lui inspirait pas de dégoût: sa respiration était douce et régulière, sa peau était chaude et ses jambes longues et fines.

    Elle ouvrit les yeux, ne réalisant pas tout de suite où elle se trouvait. En voyant le visage de Roméo en face d'elle, elle fut prise de panique. Voyant qu'il ne lui faisait rien, elle finit par se calmer. Elle le regarda longtemps.

    Pour une raison qu'il ne connaissait pas, il pris son visage entre ses mains et lui embrassa le front. Elle ne s'y attendait visiblement pas et eu un léger mouvement de recul au contact froid des lèvres de Roméo sur sa peau. Il ne l'aimait toujours pas mais c'était sa façon à lui de s'excuser et de la remercier de lui avoir appris d'autres sentiments que la colère et la douleur. Elle lui rendit son baiser pour le remercier de l'avoir laissé en vie.

    Appréçiant ce mouvement tendre, il l'embrassa cette fois sincèrement. Ce baiser était d'amour et de convoitise. Il aimait sa respiration douce et régulières, ses jambes fines et longues et il voulait garder contre lui la chaleur de sa peau. Il n'aimait toujours pas les filles mais celle-là faisait exception.

    Elle lui tendit ses bras liés. Il trancha les liens et passa les bras de la fille autour de lui, le plus doucement possible pour ne pas l'effrayer.

    Ce garçon est le seul être qui l'ai aimé. Ce garçon est le seul être qu'elle ai aimé. Il lui a offert de l'amour, elle lui a offert des sentiments.

    Jade


  • Commentaires

    1
    Samedi 10 Mai 2014 à 20:47

    Il y a vraiment un changement progressif dans le comportement du gars.

    Tu fais d'une situation horrible une histoire magnifique; que dire ?

    OAWW !

    2
    Samedi 10 Mai 2014 à 20:57
    Merci^^
    J'aime bien l'association de l'amour et de la violence.
    3
    Dimanche 11 Mai 2014 à 17:57

    J'avais remarqué X'D

    4
    Dimanche 11 Mai 2014 à 18:23
    Je m'en doute XD
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    5
    Dimanche 11 Mai 2014 à 18:53
    Maintenant, c'est vrai que je voudrais pas me.faire frapper pendant qu'on m'embrasse... (toutes façon, celui qui essaye, il se prend un aller-retour dans la face ça va le calmer)
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